CONFRATERNITE ET FIERTE

Mes chères consœurs,
Mes chers confrères,

Je voudrai, avec joie, saluer la première parution du Bulletin du Bâtonnier depuis le début de notre mandat.

Ce bulletin est la voix officielle du Barreau.

Il exprime les vues et promeut les politiques du Conseil de l’Ordre.

Il doit être aussi le cadre d’expression de tous les avocats. Tous, jeunes ou moins jeunes, anciens ou moins anciens, doivent pouvoir trouver dans le Bulletin la « boite à idées » qu’ils se doivent d’alimenter.

Je dis bien « doivent » et non pas « peuvent ».

En effet, l’Eglise n’appartient ni au curé, ni même aux prêtres : elle est l’affaire de tous les baptisés.

Certes, nous devons tous être reconnaissants à Maître Batibié BENAO et à son équipe d’avoir réussi à faire naitre le Bulletin, et ils méritent nos vives félicitations.

Mais il nous appartient, à tous, de le faire vivre.

Le Bulletin doit être un guide pour la déontologie, mais aussi un support pour des échanges scientifiques et même, pourquoi pas, littéraires.
Je voudrai vous entretenir des taches urgentes qui nous attendent dans les prochains mois, voire dans les prochaines semaines, et appeler à la mobilisation pour atteindre nos objectifs.

  1. Parfaire l’administration de l’Ordre :
    La qualité du service rendu par l’Ordre des Avocats dépend des moyens matériels et humains mobilisés à cet effet.
    Si l’on veut que les dossiers soient traités dans des délais raisonnables, il nous faut tout de suite recruter un personnel capable de le faire, car ni le Bâtonnier ni les Conseillers ne disposent du temps nécessaire pour préparer des réponses aux requêtes dont le nombre va croissant.
    Si nous ne réagissons pas maintenant, l’engorgement du rôle ternira l’image de l’Ordre et, avant longtemps, provoquera une crise.
    A plus long terme, il faudra lancer la construction du siège du Barreau, afin que nous puissions disposer de locaux nécessaires pour abriter les services de l’Ordre, et particulièrement le Centre de formation professionnelle, qui doit devenir un centre d’excellence à vocation régionale.
  2. Activer l’université judiciaire  :
    Nous devons absolument mettre en œuvre cette idée qui consiste à rassembler les acteurs du monde judiciaire dans des ateliers thématiques et périodiques, afin d’améliorer la communication entre les parties prenantes à l’œuvre de justice.
    C’est cette bonne communication qui permettra de résoudre beaucoup de problèmes techniques et de rendre meilleures les relations entre les acteurs de la justice.
    Le Comité scientifique de cette université, qui regroupe avocats, magistrats du siège et du parquet, police judiciaire, banquiers, huissiers de justice et autres, a déjà été mis en place.
    Il convient maintenant que l’Université ouvre ses portes sans tarder.
    C’est un défi que Maître Siaka NIAMBA a accepté de relever et, je l’espère, avec succès.
    Tous, nous devons lui apporter notre soutien.
  3. Rappeler les bonnes pratiques :
    L’une d’elle, simple à mettre en œuvre, consiste pour les confrères à recourir systématiquement à l’établissement d’une convention d’honoraires avec les clients.
    Le faire diminue les risques de contestations et facilite l’arbitrage du Bâtonnier en cas de nécessité.
    Nous devons nous l’imposer.
    N’oublions pas aussi, au quotidien, les principes essentiels de la profession : indépendance, honneur, probité, délicatesse, loyauté, dignité, humanité, modération, courtoisie.
    Compétence, dévouement, diligence et prudence.
    Délicatesse, respect du principe du contradictoire et confraternité. 
  4. Surtout confraternité :
    Chaque avocat doit tempérer par sentiment d’union, de solidarité et d’attachement aux mêmes règles, au même idéal, les positions opposées qu’ils doivent avoir dans les conflits d’intérêts et les luttes judiciaires de leurs clients.
    La confraternité livre son sens premier, qu’atteste un ensemble de règles déontologiques, d’un ordre interne fondé sur l’arbitrage entre l’intensité de l’engagement dans la défense du client et les exigences de l’harmonie corporative. 
    Par définition, elle est, dans un équilibre fragile, tiraillé entre deux loyautés, au moins partiellement contradictoires et sans cesse menacée de verser d’un côté ou de l ‘autre. 
    Je lis la confraternité comme idéal et comme réalité en danger. 
    Elle souffre de pièces communiquées à l’ultime moment ou communiquées sans l’être, de conclusions de la dernière heure ou de l’après dernière heure, de démarches auprès du juge accomplis en secret, de lettres non envoyées pour ne pas être reçues, de petits mensonges, de grandes dissimulations, de reproches, d’injures échangées par des correspondances coléreuses, ou dans des conclusions habilement préparées …
    Le lent dépérissement de la confraternité, avec ce qu’elle signifiait de rencontres singulières, d’affectivité et de solidarité, indique que la relation impersonnelle tend désormais à l’emporter et que l’autre avocat ne serait plus le confrère mais seulement l’adversaire et le concurrent. 
    La concurrence économique qui vient doubler la lutte juridico-judiciaire menace les avocats d’anesthésie morale. Réagissons. 
    Et c’est aussi le lieu d’avoir une pensée pour le Bâtonnier Mamadou TRAORE, privé de liberté depuis plus d’un mois, et surtout privé de liberté de façon parfaitement illégale.
    Nous devons lui apporter notre confraternelle affection.
  5. Confraternité, dis-je, mais aussi fierté d’être d’avocat :
    Rappelons-nous de ces paroles prononcées à l’audience par Henry TORRES, modèle parmi les meilleurs. 
    « Vous n’êtes personne, monsieur l’avocat général, on est personne quand on représente la société, c'est-à-dire tout le monde. 
    Vous avez des supérieurs hiérarchiques qui vous donnent des instructions, des subordonnés auxquels vous en donnez. Vous êtes une institution, une entité, et une institution ne dit pas « JE », monsieur l’avocat général. Cachez-vous dans votre pluriel. Moi seul, ici, ai le droit de dire « JE ». 
    Parce que je suis seul, ici, contre vous, contre tous, parce que je suis seul et que je suis avocat. J’existe moi, je suis un homme, j’existe comme homme, pas comme institution ».

Je vous salue !
Bâtonnier
Mamadou SAVADOGO

 

Télécharger le bulletin en entier contenant les rubriques :

  1. vie du barreau : le barreau a rencontre ses partenaires

  2. le centre de formation a démarré ses cours : la formation initiale au cœur de la vision du barreau

  3. défense de la défense : ou en est-on ?

  4. chronique : l’acte d’avocat : un nouvel instrument de sécurisation juridique des engagements des particuliers et des

  5. entreprises au sein de l’UEMOA

  6. actualités juridiques

  7. international

  8. humour

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